Des produits d’hygiène fabriqués par les personnes détenues

Le Centre de prévention et de promotion de la santé en milieu carcéral de l’asbl Un pass dans l’impasse a été reconnu par le Gouvernement wallon pour mener à bien le projet pilote de promotion de la santé et d’accompagnement des détenus en matière de santé mentale, de gestion des assuétudes et de réduction des risques dans les 15 prisons wallonnes. Le Centre sensibilise également aux questions liées au suicide et permet aux personnes détenues d’avoir les clés en matière de prévention de la santé en vue de leur réinsertion.

« L’asbl a effectué un état des lieux des manques et besoins en matière de santé dans les différents établissements pénitentiaires. Une des conclusions soulignait un manque d’hygiène important tant chez les personnes détenues que dans leur cellule. Autre constat interpellant. Toutes ces personnes ne peuvent se permettre d’acheter des produits d’hygiène. Ces biens de première nécessité sont, en effet, assez onéreux à la cantine », explique Thomas Thirion, Administrateur Délégué de l’asbl Un pass dans l’impasse. « Il est donc essentiel de sensibiliser et informer les personnes détenues sur l’importance de l’hygiène et l’ impact qu’elle a sur la santé mentale ».

Une activité gratuite

C’est pourquoi le Centre de prévention et de promotion de la santé en milieu carcéral de l’asbl propose aux détenus de fabriquer eux-mêmes des produits d’hygiène et de les rapporter dans leur cellule. Cette activité dure deux heures et se fait en petit groupe. Elle est entièrement gratuite. Trois produits sont actuellement disponibles à la fabrication : savon, dentifrice et déodorant. Ils sont réalisés à base d’éléments 100% naturels.

Cette activité a commencé à la prison d’Andenne à la mi-octobre, elle sera organisée une fois par mois. Elle sera également accessible à l’annexe psychiatrique de la prison de Namur dès le 17 novembre. Elle aura ensuite lieu deux mercredis par mois. « Les premiers retours des participants sont très positifs. Les personnes détenues apprécient fortement cette initiative, certains d’entre eux souhaitent déjà s’inscrire aux prochaines séances. D’autres établissements pénitentiaires sont également intéressées par cette activité. Des discussions sont en cours pour que davantage de détenus puissent avoir accès aux produits d’hygiène et être sensibilisés à l’importance de cette thématique », conclut Thomas Thirion.